CFE en LMNP : qui la paie, combien, quelles exonérations
Par Juliano Majally · · 5 min de lecture
La CFE concerne tous les loueurs en meublé, au micro comme au réel : exonération l’année de début, cotisation minimum, démarches et passage en comptabilité.
Mon premier avis de CFE est tombé en novembre 2026 dans mon espace professionnel impots.gouv, pour un deux-pièces mis en location en avril 2025. Rien en 2025, un avis en 2026 : c’est le fonctionnement normal, et il surprend tout le monde la première fois. Voici ce que j’ai compris en lisant l’avis, puis les textes.
La CFE, c’est quoi
La cotisation foncière des entreprises est un impôt local, l’un des deux morceaux de l’ancienne taxe professionnelle. Elle est due par toute personne qui exerce, au 1er janvier, une activité professionnelle non salariée (article 1447 du CGI). La location meublée en fait partie : avec ou sans inscription au registre du commerce, pour un seul studio comme pour cinq, au micro-BIC comme au réel. Le « non professionnel » de LMNP est une notion d’impôt sur le revenu ; pour la CFE, vous êtes une entreprise comme une autre.
Qui est exonéré
- L’année de début d’activité. Vous ne payez pas de CFE l’année où vous commencez (article 1478 du CGI), et la base de votre première année d’imposition est réduite de moitié. Mis en location en avril 2025, j’ai eu zéro en 2025 et une base réduite en 2026.
- Les petites recettes. En dessous de 5 000 € de recettes annuelles, vous êtes dispensé de la cotisation minimum (article 1647 D), ce qui revient dans la plupart des cas à ne rien payer.
- Une partie de votre propre logement. Louer une ou plusieurs pièces de votre habitation principale à quelqu’un qui en fait sa résidence principale, à un loyer raisonnable, est exonéré (article 1459). Un meublé de tourisme classé ou une chambre d’hôtes qui fait partie de votre habitation personnelle l’est aussi, sauf délibération contraire de la commune.
Un appartement entier loué sur Airbnb ou à l’année, qui n’est pas votre habitation, ne rentre dans aucun de ces cas. C’est la situation la plus courante, et c’est la mienne.
Combien
La CFE se calcule sur la valeur locative cadastrale du logement, multipliée par le taux voté par la commune ou l’intercommunalité. Pour un appartement, cette valeur locative est faible, et c’est presque toujours la cotisation minimum qui s’applique : un montant fixé par la commune, dans une fourchette nationale qui dépend de vos recettes de l’avant-dernière année. Pour 2025, la fourchette allait d’environ 240 à 580 € pour moins de 10 000 € de recettes, et de 240 à 1 160 € entre 10 000 et 32 600 €. Les bornes sont revalorisées chaque année et chaque commune se place où elle veut dans la fourchette : deux loueurs avec les mêmes recettes à Nice et à Grenoble ne paient pas la même chose. Le plus simple pour savoir : regarder la délibération de votre commune, ou attendre le premier avis. Une taxe additionnelle pour frais de chambre de commerce peut s’y ajouter, pour quelques euros.
Les démarches, dans l’ordre
- La déclaration initiale 1447-C, à déposer avant le 31 décembre de l’année de début d’activité. Elle décrit le local et permet de demander les exonérations. Le SIE me l’a envoyée après mon immatriculation ; sinon, elle se télécharge sur impots.gouv.
- L’espace professionnel sur impots.gouv.fr. L’avis de CFE n’est plus envoyé par courrier : il faut créer son espace professionnel (avec le SIREN) pour le consulter. Comptez une à deux semaines pour recevoir le code d’activation par la poste.
- Le paiement, au plus tard le 15 décembre, en ligne ou par prélèvement, mensualisable. Au-dessus de 3 000 € de cotisation l’année précédente, un acompte est dû le 15 juin ; ça ne concerne pas un petit meublé.
Un logement dans une autre commune, c’est un autre avis. Et si vous arrêtez la location en cours d’année, signalez-le : la CFE est due par celui qui exerce au 1er janvier, mais elle n’est pas due pour les mois qui restent après la cessation.
Où elle passe dans la comptabilité
Au réel, la CFE est une charge déductible, compte 635 (impôts et taxes), comptabilisée à la date de l’avis et rattachée à l’année d’imposition. Elle figure dans la liste des charges déductibles. Au micro-BIC, elle est censée être couverte par l’abattement : vous la payez, vous ne la déduisez pas. Quand on compare les deux régimes avec le simulateur, c’est le genre de charge fixe qu’il ne faut pas oublier de mettre côté réel.
Ce que je retiens
La CFE est un impôt modeste mais certain : quelques centaines d’euros par an pour un appartement, à partir de la deuxième année. Ce qui coûte cher, ce n’est pas la cotisation, c’est de l’oublier : l’avis n’arrive pas par la poste, et une majoration de 10 % s’applique au-delà du 15 décembre. Si vous avez un doute sur une exonération, le SIE répond par la messagerie de l’espace professionnel.
Ce que fait Meublé
L’application attend un avis de CFE parmi les pièces annuelles de chaque exercice et le signale s’il manque avant la clôture. Vous déposez l’avis, l’écriture passe en 635 à sa date, et la pièce reste rattachée à l’écriture pour le contrôle. Elle ne calcule pas la cotisation : seul l’avis fait foi.
Questions fréquentes
- Est-ce que je dois payer la CFE si je loue un seul studio en LMNP ?
- Oui, à partir de la deuxième année. La location meublée est une activité professionnelle au sens de la CFE, que vous soyez au micro-BIC ou au réel, LMNP ou LMP. Les seules exceptions courantes : des recettes inférieures à 5 000 € par an, ou la location d’une partie de votre propre résidence principale. Un studio entier loué sur Airbnb y est soumis.
- Combien coûte la CFE pour une location meublée ?
- Pour un appartement, c’est presque toujours la cotisation minimum, fixée par la commune dans une fourchette qui dépend de vos recettes : en 2025, d’environ 240 à 580 € en dessous de 10 000 € de recettes, et jusqu’à 1 160 € entre 10 000 et 32 600 €. Le montant exact dépend de votre commune ; le premier avis vous le dira.
- Pourquoi je n’ai pas reçu d’avis de CFE la première année ?
- Parce que l’année de début d’activité est exonérée (article 1478 du CGI). Le premier avis arrive en novembre de l’année suivante, avec une base réduite de moitié. Et il n’arrive pas par courrier : il faut créer son espace professionnel sur impots.gouv.fr pour le consulter, puis payer avant le 15 décembre.
- La CFE est-elle déductible de mes revenus LMNP ?
- Au régime réel, oui : c’est une charge d’impôts et taxes (compte 635), déductible l’année de l’avis, au même titre que la taxe foncière. Au micro-BIC, elle est réputée couverte par l’abattement forfaitaire de 30 % ou 50 % : vous la payez sans pouvoir la déduire en plus.